Prier pour ses enfants : bâtir leur vie dans la prière
Il y a quelque chose de particulier dans la prière d’une mère pour ses enfants. Je crois que c’est parce qu’elle ne prie pas seulement avec sa tête. Elle prie avec ses entrailles. Elle prie avec cette part d’elle-même qui a porté, enfanté, nourri, consolé. Elle prie avec un amour qui peut parfois sembler déraisonnable, parce qu’elle désire le bien de son enfant sans rien attendre en retour.
Depuis que je suis maman, j’ai vu Dieu répondre à des prières que j’avais faites pour mes enfants. Plus mes enfants grandissent, plus je mesure que la prière n’est pas simplement quelque chose que l’on fait pour eux lorsqu’ils sont petits.
La prière est une manière de bâtir leur vie.
Prier pour son enfant avant même de savoir qui il sera
On peut commencer à prier pour son enfant avant même sa naissance. Pendant une grossesse, on ne sait encore presque rien de la personne qui se trouve dans notre ventre. On ne sait pas quel sera son caractère, ce qui le fera rire, ce qui le blessera, ce qui le passionnera. On ne sait pas encore comment il dormira, comment il parlera, ce qu’il aimera manger, ni même quelle relation nous aurons avec lui.
Et pourtant, on peut déjà prier.
Il y a d’ailleurs quelque chose que j’ai toujours trouvé magnifique : la manière dont l’Église entoure les femmes enceintes. J'ai pu constater que durant mes grossesses, les gens priaient plus pour moi qu'à l'accoutumé, comme si le mystère de la maternité attire la prières
Lorsque j’étais enceinte de mon troisième enfant, je ne savais évidemment pas comment serait ce bébé, quel serait son tempérament, comment il dormirait, s’il aimerait téter, comment il trouverait sa place dans notre famille. Mais je pouvais déjà prier pour lui.
Comprendre cela, nous permets d'accéder à un point de vu nouveau : mon enfant est d’abord une personne que Dieu connaît, et que je vais devoir apprendre à connaître.
Prier quand le quotidien s'installe
Le plus grand défi, n’est pas de prier pour son bébé avant sa naissance ou durant ses premiers mois. mais c’est de continuer à prier lorsque l’on commence à découvrir qui il est.
Plus notre bébé grandit et devient un enfant (puis un adolescent), plus nous découvrons la personne qu’il devient. Parfois, ce que nous découvrons nous plaît beaucoup. Parfois, beaucoup moins.
Il y a des choses qui nous émerveillent chez nos enfants. Puis il y a celles qui nous inquiètent, nous fatiguent, nous questionnent. Il y a les difficultés scolaires, les colères, les fragilités émotionnelles, les relations compliquées, les comportements que nous ne comprenons pas toujours.
Et c’est précisément là que la prière devient essentielle. Quand le quotidien s'installe et que nous pouvons perdre de vue ce que Dieu nous a montré sur notre petit.

Demande à Dieu de te donner son regard sur ton enfant
Dans 1 Samuel 16, lorsque Samuel regarde Éliab et pense qu’il est forcément celui que Dieu a choisi, Dieu lui rappelle quelque chose de fondamental : l’être humain regarde à ce qui frappe les yeux, mais Dieu regarde au cœur.
J’aime énormément ce passage lorsqu’il est question de nos enfants, car nous pouvons très facilement réduire un enfant à ce que nous voyons.
« Il est comme ça. »
« Elle est timide. »
« Il a toujours été colérique. »
« Elle n’est pas faite pour ça. »
« Il a des difficultés à l’école. »
« Elle manque de confiance. »
Mais Dieu voit plus loin, et notre rôle de mère est précisément de demander à Dieu :
" Seigneur, donne-moi ton regard sur mon enfant. Pas le regard de mes peurs.
Pas le regard de mes projections. Pas même le regard de ses difficultés actuelles. Ton regard. Parce que derrière le petit garçon que je vois aujourd’hui, il y a un homme en devenir. Derrière la petite fille que je tiens dans mes bras, il y a une femme que Dieu est déjà en train de former."
Cela ne signifie évidemment pas que nous devons nier les difficultés de nos enfants ou faire comme si tout allait toujours bien. Au contraire. Mais cela signifie que leurs difficultés ne doivent pas devenir leur identité à nos yeux.
Ton enfant n’est pas simplement le bébé que tu tiens dans tes bras
« Avant que je t’aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais. » Jérémie 1:5
Cela nous rappelle que lorsque nous tenons notre bébé dans nos bras, nous ne tenons pas simplement un petit être qui va devoir trouver sa voie dans le monde. Nous tenons une personne que Dieu connaît déjà, avec des dons, des aptitudes, une personnalité, une histoire et un appel qui vont se révéler progressivement.
Dans mon prochain livre, je parle notamment de cette idée de kainos, de cette fraîcheur première, de ce que Dieu a déposé en nous avant même que nous ayons appris à nous conformer à ce que les autres attendaient de nous.
Et lorsque je pense à mes enfants, je me demande parfois : qui sont-ils devant Dieu ?
Pas seulement : qui vont-ils devenir professionnellement ?
Pas seulement : est-ce qu’ils réussiront à l’école ?
Mais : quel homme ? Quelle femme ? Quelle personne Dieu est-il en train de former ?
C’est une tout autre manière de prier.

Demande à Dieu de te montrer ce que tu ne vois pas encore
Lorsque ma deuxième fille est née, je me souviens avoir prié Dieu ainsi :
« Seigneur, montre-moi. Donne-moi une image. Donne-moi une parole. Qu’est-ce que tu veux me faire comprendre sur cette petite fille ? »
Et j’ai reçu une image concernant son identité et ce que Dieu pouvait faire avec sa vie.
Cela fait 6 ans et demi que je reveisn régulièrement à cette parole dans ma prière.
Pourquoi ? Parce qu'au travers du quotidien, il est difficile de garder la vision de ce que Dieu est en train de faire dans la vie de nos enfants.
Il y aura des saisons où notre enfant prendra des décisions qui nous inquiéteront. Des moments où nous serons fatiguées. Des moments où nous nous demanderons si quelque chose est réellement en train de changer. C’est précisément dans ces moments-là que nous avons besoin de nous rappeler ce que Dieu nous a montré.
Alors demande-lui :
« Seigneur, qu’est-ce que tu vois que je ne vois pas encore ? »
« Comment dois-je prier pour mon enfant ? »
« Qu’est-ce que tu veux que je proclame sur sa vie ? »
Cela peut être une image, un verset, une conviction profonde, une parole qui revient régulièrement dans notre cœur. Pas pour enfermer notre enfant dans un destin que nous aurions imaginé pour lui, mais pour apprendre à le regarder avec foi.
Les paroles que nous prononçons sur nos enfants comptent
La Bible dit dans Proverbes 18 que la mort et la vie sont au pouvoir de la langue.
Cela ne signifie pas que nous contrôlons magiquement l’avenir de nos enfants avec nos paroles, mais nos paroles ont du poids.
Un enfant entend ce que nous disons de lui. Il construit aussi une partie de son identité à travers ce qu’il reçoit de son environnement. Alors je veux vraiment faire attention à ce que je prononce. Parce qu’en tant que mère et par mes paroles, je contribue à la façon dont mon enfant se perçoit.
Je veux apprendre à bénir mes enfants, à leur rappeler qui ils sont, à leur dire ce que je vois de beau en eux, à leur rappeler leurs forces.
Mon fils a eu un retard de langage important. C’était quelque chose qui nous préoccupait réellement. Mais ma mère, une jeune femme de notre église et moi avions toutes les trois reçu quelque chose concernant sa vie et son appel.
Alors j’ai tenu ferme sur cette conviction qu'il parlerait, qu'il avait besoin d'être en contact avec les gens et de leur. J'ai prié en ce sens. Aujourd'hui il parle parfaitement et n'a aucune difficulté. Cette expérience m’a profondément marquée : ne laissons pas ce que nous voyons aujourd’hui nous empêcher de croire que Dieu peut agir demain.
Prie aussi pour devenir le parent dont ton enfant a besoin

Je me souviens de la présentation de mon premier enfant à l’église. Le pasteur avait dit quelque chose qui m’avait profondément marquée : "Cet enfant vous a été donné à vous. Vous êtes les meilleurs parents possibles pour cet enfant".
Je l'ai pris comme un encouragemetn mais aussi comme une responsabilité. Dieu m’a confié cet enfant. Alors comment puis-je être la mère dont il a besoin ?
Cela suppose parfois de demander pardon, de reconnaître que nous avons mal réagi, de nous former, de chercher de l’aide, de parler à un psychologue, à un enseignant, à quelqu’un qui peut nous aider à comprendre une situation.
La foi ne nous demande pas de refuser les outils que Dieu met à notre disposition.
Elle nous apprend aussi à demander de la sagesse. Parce que si Dieu m’a confié cet enfant, alors je veux apprendre à l’accompagner du mieux que je peux.
Le premier endroit où le Royaume de Dieu doit être établi, c’est notre maison
Nous pouvons avoir envie de changer le monde, avoir des projets, des appels, des ministères, des rêves, mais il y a quelque chose que je veux toujours garder devant mes yeux : les premières personnes que Dieu m’a confiées sont celles qui vivent dans ma maison.
La maison est un lieu de transmission. C’est là que nos enfants apprennent à connaître Dieu : dans notre quotidien, dans notre manière de parler, dans notre manière de réagir lorsque nous sommes fatigués, dans la façon dont nous demandons pardon, dans la façon dont nous traitons notre conjoint.
La parole de Dieu, notre vie de prière, le Saint Esprit, doivent avoir une palce de choix dasn notre foyer. L'atmosphère spirituelle de ma maison, ne peut pas et ne doit pas être la même que l'atmosphère spirituelle d'une maison qui ne connaît pas Christ.
Anne : quand une mère remet son enfant entre les mains de Dieu
L’histoire d’Anne, la mère de Samuel, me bouleverse toujours. Elle a demandé cet enfant à Dieu, lle a prié dans son désespoir, et lorsqu’elle a finalement été exaucée, elle a consacré son enfant chéri au Seigneur.
Il y a quelque chose de très fort dans cette histoire : recevoir un enfant comme un cadeau de Dieu, puis accepter qu’il ne nous appartienne pas.
Cela peut s'avérer difficile pour une maman, mais nos enfants ne nous ont pas été donnés, ils nous ont été confiés. Cette nuance change beaucoup de choses.
Je peux avoir mes propres projets. Mes propres ambitions. Mes propres envies.
Mais je dois aussi me demander : est-ce que je suis suffisamment disponible pour bâtir ce que Dieu veut faire dans la vie de cet enfant ?
Anne nous rappelle que l’amour maternel peut aussi être un acte de consécration.
« Seigneur, cet enfant est à toi. Montre-moi comment le conduire. »
Nos enfants sont eux aussi appelés à être une lumière

Je prie pour que mes enfants ne soient pas influencés par leur génération, mais qu’ils puissent aussi l’influencer. Je veux qu’ils soient capables de parler de Jésus avec leurs amis.
Je veux qu’ils soient des personnes qui apportent quelque chose de différent dans leurs relations. Je veux qu’ils soient une bénédiction dans leur école, dans leur travail, dans leurs amitiés, dans leur génération, et je veux leur apprendre à prier pour leurs amis.
Parce qu’ils sont petits, oui, mais ils sont déjà une lumière et je ne veux pas attendre qu’ils soient adultes pour croire que Dieu peut les utiliser.
Je veux leur apprendre dès maintenant qu’ils peuvent être utilisé par Dieu et qu'ils appartiennent déjà au Royaume de Dieu.
Une prière après l’autre, une pierre après l’autre
J’ai deux images qui me viennent souvent lorsque je pense à la prière pour mes enfants.
La première, c’est celle d’un chemin pavé de pierres dorées.
Chaque fois que je prie, c’est comme si j’ajoutais une pierre sur le chemin.
Une prière. Une pierre. Puis une autre.
Je ne vois peut-être pas immédiatement le chemin que cela est en train de construire. Mais je continue.
La deuxième image est celle d’une muraille autour d’une ville.
Chaque prière ajoute une pierre à cette muraille. Je peux choisir de m’arrêter, de laisser des brèches ou je peux continuer à bâtir. Encore une prière. Encore une fois, prier les promesses de Dieu, prier sa Parole, intercéder, demander sa protection, demander sa sagesse, prier dans l’Esprit lorsque je ne sais plus quoi dire.
Je ne veux pas attendre que quelque chose aille mal pour recommencer à prier.
Je veux bâtir maintenant. Mes enfants vont grandir, ils vont prendre leurs propres décisions.
Ils vont rencontrer des personnes que je ne connaîtrai pas, ils vont vivre des choses auxquelles je ne pourrai pas toujours être présente.
Je ne pourrai pas toujours les tenir dans mes bras comme lorsqu’ils étaient bébés, mais je pourrai toujours les porter dans la prière.





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