Écrire un livre : quand Dieu fait mûrir un rêve avant de lui donner son temps
J’ai rêvé d’écrire un livre pendant des années. Je pourrais même dire que j’ai toujours su, quelque part, que j’écrirais un jour. Enfant déjà, j’inventais des histoires. Adolescente, j’écrivais des romans que je ne terminais jamais, des chroniques, des textes pour le plaisir d’aligner des mots et de coucher mes pensées sur le papier.
Et pourtant, pendant très longtemps, je n’ai rien écrit qui ressemble au livre que je tiens aujourd’hui entre mes mains.
Mon livre sortira le 14 novembre 2026. Et alors que je travaille actuellement sur sa couverture et sa direction artistique, je mesure le chemin parcouru entre la petite fille qui rêvait d’écrire et la femme que je suis devenue, qui a finalement osé le faire.
Parfois, Dieu dépose quelque chose dans notre cœur bien avant que nous soyons prêts à le voir naître, et dans cette attente, il nous apprend quelque chose que nous n’aurions probablement pas appris autrement : le temps de Dieu n’est pas toujours notre temps.
1. Certains rêves ont besoin de mûrir avant de devenir des projets
Écrire a toujours fait partie de moi. À l’adolescence, je choisissais systématiquement les exercices d’écriture lorsque j’en avais la possibilité. J’aimais imaginer, raconter, observer le monde et essayer de le comprendre par les mots. J’ai même eu un blog sur Skyblog, à l’époque où cela semblait être le sommet de la modernité.
Mais le livre que je publie aujourd’hui n’est pas un roman.
C’est un livre chrétien, à la croisée du développement spirituel et personnel, qui mêle enseignement, témoignage et exercices d’introspection. Je voulais que la lectrice ne fasse pas simplement que lire : je voulais qu’elle puisse s’arrêter, réfléchir, mettre des choses à la lumière et laisser le message produire du fruit dans sa propre vie.
Cette forme-là, je ne l’avais jamais imaginée.
Je savais que j’écrirais. Mais je ne savais pas encore quoi, ni pourquoi, ni surtout quand.
En 2019, alors que je lisais Dream It, Write It, Pin It de Terry Savelle, un exercice m’a particulièrement marquée : écrire une liste de cent rêves.
Cent rêves, c’est beaucoup, alors j’ai écrit tout ce qui me passait par la tête : des choses très simples, des projets, des expériences, des voyages… et, quelque part dans cette liste, il y avait deux rêves distincts : écrire un livre et publier un livre.
Le rêve n’avait donc jamais vraiment disparu. Il était simplement resté à sa place.
Avec les années, je commence à comprendre cette réalité toute simple que la Bible exprime dans l’Ecclésiaste : il y a un temps pour tout sous le soleil.
Entre vingt et trente ans, j’ai souvent voulu aller vite. Je voulais accomplir, construire, voir les choses arriver. Comme beaucoup d’entre nous, probablement. Aujourd’hui, à trente-cinq ans, je mesure davantage la beauté qu’il y a à accepter qu’une chose puisse être véritablement appelée à exister sans être appelée à exister tout de suite.
Puis, il y a eu les confirmations. Une amie m’a écrit un jour : « Johanna, un jour, tu vas écrire un livre. ». Puis elle me l’a redit ... deux fois !
En octobre 2024, après la conférence Entre-Elles à Clermont-Ferrand, je suis rentrée avec une conviction beaucoup plus claire : il fallait que j’écrive des livres.
Quelques mois plus tard, j’en parlais avec une amie. Elle, contrairement à moi, a pris mes paroles très au sérieux : « D’accord. Alors c’est quand ? »
Puis, lors d’un repas chez des amis, une femme que je rencontrais pour la première fois m’a dit, après seulement quelques échanges : « Dis donc, c’est quand que tu écris un livre ? »
Nous avons ri. Mais intérieurement, j’ai reçu cela comme une nouvelle confirmation.
Puis, au moment où les doutes sont arrivés — « Est-ce vraiment Dieu ? Est-ce vraiment le moment ? Est-ce que je dois vraiment y aller ? » — la femme de mon église qui accompagne les auteurs m’a écrit pour me demander : « Alors Johanna, quand est-ce qu’on se fixe ce rendez-vous pour parler de ton projet d’écriture ? ».
À un moment donné, il faut simplement accepter d’avancer. Le rêve d’enfant était devenu un projet. Et le projet allait devenir une œuvre.

2. Écrire ce livre m’a obligée à avancer par la foi
Il y a une chose que je n’avais absolument pas prévue : c'est qu'au moment où je me suis attelée sérieusement à l’écriture, un autre rêve allait se concrêtiser. Je suis tombée enceinte de mon troisième enfant. Ce bébé que j'ai espéré si fort.
Lorsque j’ai regardé ma liste de cent rêves, c’était presque comique : « écrire un livre » et « avoir un troisième enfant » se trouvaient l’un à côté de l’autre.
Le bébé devait arriver en février 2026. Il fallait donc que le manuscrit soit terminé avant.
Sauf qu'écrire un livre, ce n’est pas seulement écrire. Il faut ensuite le faire vivre : communiquer, reprendre le podcast, parler du projet, organiser sa sortie, le vendre, être visible…Quant à moi, je savais très bien ce que signifiait accueillir un bébé dans ma vie.
Mon cerveau a simplement affiché : erreur 404. Comment allais-je réussir à faire tout cela ?
C’est probablement là que ma foi a réellement commencé à s’exprimer autrement.
J’ai compris que je pouvais faire ce qui était devant moi, un jour après l’autre, et laisser le reste entre les mains de Dieu. Je n’avais, non seulement, pas besoin de tout contrôler mais surtout, je ne voulais plus rien faire par mes propres forces.
Premièrement parce que j'ai compris que vivre ainsi conduit rapidement à l’épuisement mais aussi parce que je ne veux pas arriver au bout de mes projets en pensant : « J’ai réussi.»
Je veux pouvoir dire : « Dieu m’a portée. » Pas comme une formule chrétienne mais parce que c’est une réalité que j’expérimente.
J’ai également découvert à quel point un projet d’écriture demande de la discipline. Un livre peut très facilement devenir le projet qu’on remet à demain. Alors si tu portes toi aussi un projet depuis longtemps, voici ce que je peux te conseiller : donne-lui une vraie échéance et trouve un vis-à-vis.
Quelqu’un qui t’accompagne, qui prie avec toi, qui te demande où tu en es et qui t’aide à ne pas abandonner lorsque la motivation disparaît. En effet, la motivation est fluctuante et entreprendre pour Dieu implique forcément de la résistance et des attaques.
Pour ma part, j'ai souffert d’insomnie, d'angoisse et d’un énorme syndrome de l’imposteur tout au long de ma grossesse et donc, du processus d'écriture.
Sans compter que Dieu voulait me faire aller plus loin en me demandant quelque chose de très spécifique ; ajouter mon témoignage.
Au départ, cela ne faisait pas du tout parti du projet. Je ne voulais pas que le livre soit centré sur moi. Je ne voulais pas m’exposer. Cependant, j’ai fini par comprendre que mon témoignage devait être présent pour incarner le message.
J’ai donc écrit une première version beaucoup plus intime que celle qui sera finalement publiée. J’ai accepté de mettre certaines choses à la lumière, de les faire lire aux personnes qui devaient les lire, puis j’ai reçu la paix pour épurer cette version.
Le verset qui m’a accompagnée pendant cette période était Josué 1.9 :
« Fortifie-toi et prends courage. Ne t’effraie point et ne t'épouvante point, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. »
Je l’avais mise en fond d'écran et je le relisais chaque fois que le doute revenait.

3. Devenir une bâtisseuse : le livre avec une vision forte
Lorsque j’ai créé Elpis en 2021, j’avais déjà à cœur d’accompagner les femmes. Je savais que la guérison avait une place importante dans ce que je voulais transmettre.
Mais pendant longtemps, il me manquait une pièce. La clé de voûte. Pourquoi les femmes ?
Et un jour, alors que j’écrivais dans mon salon, j’ai simplement prié : « Seigneur, explique-moi pourquoi les femmes ? »
C'est là que j'ai entendu le murmure doux et léger du Saint Esprit me dire "Johanna,
la femme a une place spéciale dans la famille. Elle a le pouvoir de bâtir ou de renverser sa famille. En atteignant la femme, le message rejaillit sur toute la famille et tu prends soin des enfants."
Puis le Proverbes 14.1 est venu dans mon esprit :
« La femme sage bâtit sa maison, et la femme insensée la renverse de ses propres mains. »
Le mot « bâtir » a particulièrement retenu mon attention. Il renvoie au verbe hébreu banah, qui signifie "bâtir, établir la famille". Ce mandat de bâtisseuse est inclus dans la façon dont Dieu l'a crée.
Et cette image est devenue centrale dans ma compréhension de mon propre appel : je crois que les femmes sont appelées à bâtir.
Mais pour bâtir sainement, il faut d’abord être restaurée. Restaurée pour soi, restaurée pour les générations futures mais surtout car on ne veut plus accomplir notre appel par nos propres force !
Ce livre parle donc de guérison mais aussi, de tout ce qui s’est construit en nous au fil des années et qui nous empêche parfois de vivre pleinement depuis notre identité en Christ.
C’est là que se trouve, finalement, le cœur de mon livre. Je veux parler aux femmes de leur identité en Christ, mais aussi de ce qui les empêche de l’incarner pleinement. Je veux parler de repentance, de remise en question et de transformation. Parce que je crois que la grâce de Dieu ne nous dispense pas de changer.
Au contraire. C’est parce que nous sommes au bénéfice de sa grâce que nous pouvons regarder notre vie avec honnêteté et accepter d’être transformées.
Une fois que nous commençons à marcher dans cette identité renouvelée, quelque chose change : nous pouvons entrer dans les œuvres que Dieu a préparées pour nous, nous pouvons bâtir, transmettre et nous épanouir.
Car je crois profondément que l’épanouissement n’est pas un gros mot dans la vie chrétienne. Jésus est venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance.
Cette vie n’est pas seulement une promesse pour l’éternité. C'est pour aujourd'hui !
Cela se manifeste dans notre manière de vivre, d’aimer, de travailler, de servir, d’élever nos enfants, de prendre soin de notre maison, de contribuer au monde qui nous entoure et de répondre à l’appel que Dieu a placé en nous.
De plus, ce que nous bâtissons aujourd’hui ne s’arrête pas à nous et c’est cela qui me bouleverse le plus dans ce projet. Je ne veux pas que mes enfants aient à tourner autour des mêmes montagnes que les générations qui les ont précédés.
Je veux conserver ce qui est bon dans mon héritage, mais je veux aussi pouvoir dire : ce qui devait s’arrêter avec moi s’arrête avec moi.
C’est cela, pour moi, être une bâtisseuse : construire quelque chose qui me survivra, bâtir des hommes et des femmes qui, à leur tour, bâtiront. Transmettre la foi, la vie et l’espérance. Croire que ce que nous faisons aujourd’hui peut porter du fruit bien au-delà de notre propre existence.
C’est aussi pour cela que je regarde aujourd’hui ce livre avec autant d’émotion.
Il rend heureuse la femme que je suis devenue, mais il rend aussi heureuse la petite Johanna qui, des années auparavant, rêvait simplement d’écrire.
Habacuc 2.3 nous dit : « Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé, Elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas ; Si elle tarde, attends-la, Car elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement »
Peut-être que certains rêves déposés dans ton cœur sont encore en attente.
Il y a un temps pour tout.
Alors je prie que tu puisses, toi aussi, marcher dans les œuvres que Dieu a préparées pour toi, entrer dans l’accomplissement de ses promesses et regarder ton quotidien avec des yeux renouvelés.
Et surtout, que tu deviennes pleinement la femme qu’il t’a créée pour être.





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